Par quel mot l’UNSA qualifie-t-elle cette rentrée sociale ?
C’est l’inquiétude qui prime face à une récession qui s’annonce et qui frappe tous les pays de la zone euro. En France, d’avril à juin, le PIB a reculé de 0,3% et 45000 postes de travail ont été détruits.
Dans ce contexte, nous devons peser auprès du gouvernement et des employeurs pour que les salariés ne fassent pas les frais (une fois de plus) d’une politique de rigueur salariale accrue ; qu’il s’agisse de la fonction publique ou du secteur privé.
Alors que les investissements sont en chute libre, que notre commerce extérieur est fortement déficitaire ; le seul moteur de la croissance française à résister est la consommation des ménages. Une rigueur salariale accrue pénaliserait cette consommation et donc affaiblirait encore un peu plus la croissance, ce qui aurait des effets catastrophiques à la fois en termes de pouvoir d’achat et en terme d’emplois.
Face à cette situation et alors que le gouvernement a grillé une bonne partie de ses marges de manœuvre, notamment avec la loi TEPA communément appelée paquet fiscal de l’été 2007, l’UNSA propose d’agir dans deux directions.
- Au niveau européen, il faut refuser le chacun pour soi. Une coordination des politiques économiques est indispensable. La France qui préside l’Union Européenne doit prendre des initiatives dans ce domaine. C’est ce que nous dirons au président de la République, Nicolas Sarkozy, qui nous recevra le 1er septembre prochain dans le cadre d’une rencontre avec la Confédération Européenne des Syndicats. Pourquoi par exemple ne pas décider un grand plan européen un grand travail financé par l’emprunt ?
- Au niveau national, il serait économiquement inefficace et socialement injuste que les salariés
notamment les plus modestes payent la note de cette crise. Il faut redonner de l’air au pouvoir d’achat. Le maintien de notre pacte social est à ce prix et le gouvernement en répondra devant nos
concitoyens.
Quoi de neuf pour l’UNSA après le vote de la loi sur la représentativité syndicale ?
La loi du 23 juillet - que nous avons contestée – intitulée « Rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail » est issue d’un accord entre la CFDT, le MEDEF et la CGT. Elle prévoit de faire de l’entreprise le lieu exclusif du fondement de la légitimité syndicale et de la production des accords.
Nous pensons que cette loi est fondée sur un pari : que le syndicalisme français pourra dans l’entreprise acquérir un rapport de force suffisant pour négocier au nom des salariés à égalité avec les employeurs. Nous en doutons, l’histoire tranchera.
Il est désormais inutile de pleurer sur le lait versé ! Une impérieuse nécessité est devant nous : que le syndicalisme investisse le tissu des entreprises petites et moyennes pour défendre les salariés qui en ont le plus besoin.
En tant qu’UNSA, nous devons aussi nous mettre en ordre de bataille dans le cadre d’un grand pôle réformiste pour que demain nos valeurs et nos pratiques continuent de peser dans le paysage syndical qui se dessine sous nos yeux.
P.S. : retrouvez la position commune et notre projet syndical sur notre site www.unsa.org
Pour connaître encore mieux Alain OLIVE et les positions de l' UNSA ,
venez le retrouver le jeudi 2 octobre à Marseille pour le 1° meeting de la rentrée.